Journées du patrimoine 2014

C'est avec un peu de retard que je vous propose une rétrospective des visites que l'équipe d'Archéanthrope a entreprises lors des Journées du Patrimoine samedi 20 septembre. 

La journée a commencé par un passage au Musée d'Ethnographie de Bordeaux, dépendant de l'université de Bordeaux, dont l'exposition temporaire fait la part belle au patrimoine immatériel aquitain. 

Pour notre plus grand plaisir, le rôle des sens est d'emblée mis en avant :
"Voir , écouter, dire, être surpris, se reconnaître, toucher, sentir, goûter, identifier, s'identifier, participer, faire... et bien d'autres verbes de perception et d'action qui impliquent le corps et l'âme, sont au coeur du patrimoine culturel immatériel".
Salle d'exposition. Photo : S. Giuliato
Traditions (catherinettes...) , sports (pelote...), fêtes, musiques, de nombreux aspects de la culture immatérielle aquitaine sont exposés selon une approche didactique et ludique. Les changements qui s'opèrent dans ce patrimoine vivant sont également explorés.
"L'évolution des sociétés implique une adaptation des pratiques car le patrimoine, hérité et transmis, est une recréation permanente". 
Instruments de musique traditionnels. Photo : S. Giuliato
Après cette visite instructive dans notre patrimoine régional, nous prenons le chemin de la cathédrale Saint-André où nous croisons, à un arrêt de tramway, Michel Denisot et Alain Juppé en plein tournage. Décidément, tout le monde est de sortie.
Place Pey Breland, Bordeaux. Photo : S. Giuliato
Dans le cadre des Journées du Patrimoine le chantier archéologie du portail royal de la cathédrale Saint-André est ouvert à la visite en compagnie d'une archéologue. Alors qu'à l'extérieur des ateliers ont été installés pour initier le public aux métiers et savoir-faire de l'architecture, nous découvrons les décorations du portail avec notamment sa statuaire où deux anges tiennent le soleil et la lune dans leurs mains.  
Tympan et voussures du portail royal, avec décor du soleil et de la lune sur un fond bleu étoilé. Photo : S. Giuliato
Nous passons à proximité d'une sépulture médiévale encore non investiguée, et nous entrons dans l'édifice où a été mis au jour le pavement médiéval situé en contrebas du niveau du sol actuel.
Pavement médiéval. Photo : S. Giuliato
Les différentes étapes de la construction du bâtiment sont abordés ainsi que les objectifs scientifiques du travail archéologique entrepris par la société Hadès.

Changement radical de décor pour la suite des réjouissances. Nous faisons partie des heureux privilégiés qui ont accès au Centre de conservation du Muséum d'Histoire Naturelle de Bordeaux :
"La fonction primaire du bâtiment est d'abriter toutes les collections du Muséum, dans les conditions assurant leur conservation optimale. Depuis quelques années, la conception-même de "réserve" a changé avec le développement de la conservation préventive. De simples espaces de rangements, ces locaux deviennent un véritable outil de gestion des collections".
Nous enfilons les protections pour limiter les risques de contamination de cet espace hyper protégé où tous les éléments de lumière, de température, d'humidité, de contamination biologique, etc. sont surveillés en permanence. 

Espace photographique. Photo : S. Giuliato
"La nef centrale abrite les collections les plus fragiles (montages taxidermiques), tandis que trois galeries périphériques permettent de placer les séries de coquillages, fossiles, roches et minéraux ainsi qu'une partie du fonds documentaire du Muséum". 
Au gré des rayonnages mobiles dans lesquels sont entreposés les spécimens nous découvrons des espèces conservées essentiellement grâce à la taxidermie. 

Improbable dialogue. Photo : S. Giuliato
Tous les goûts sont satisfaits : les amateurs de mammifères, d'ornithologie, d'amphibiens, etc. peuvent s'engouffrer dans les rayonnages au fur et à mesure qu'ils sont déplacés par la conservatrice. Des squelettes remontés et autres animaux de grande taille prolongent notre immersion dans ce monde immobile et hors du temps.
Compactus et spécimens. Photo : S. Giuliato
Un spécimen a été particulièrement frappant : le mégacéros. C'est une chose que de savoir que ce grand cervidé était chassé par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, s'en est une autre que d'expérimenter la taille des bois de ce mammifère en face à face. 

Bois de mégacéros. A gauche, un bras humain permet de donner l'échelle. Photo : S. Giuliato
Peinture de mégacéros. On observe également sur la droite un bouquetin, et en noir le torse et les jambes d'un homme blessé. Grotte paléolithique de Cougnac. Source : hominides.com
Cette incursion dans le Centre de conservation a conclu cette journée riche en découvertes et en rencontres. Vivement la prochaine édition des Journées du Patrimoine !

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