La Rochelle : des fossiles, des dinosaures, des hommes

Pour prolonger la thématique des Journées du Patrimoine, l'équipe d'Archéanthrope s'est offert dans la foulée une petite virée rochelaise.

Une occasion de visiter l'extraordinaire Muséum d'Histoire de La Rochelle qui propose sur plusieurs niveaux de découvrir près de 10 000 objets issus des collections naturalistes et ethnographiques rassemblées depuis le XVIIIe siècle. Nous ne passerons pas en revue chaque thématique exposée mais vous proposons deux éléments marquants témoignant à la fois du volet ethnologique et du volet zoologique de ce musée. 

Comme cette statuette Akua ba en bois, originaire du Ghana. 
Statuette akua ba. Muséum d'Histoire Naturelle de La Rochelle. Photo : S. Giuliato
Selon la légende, une jeune femme "née le mercredi" (akua) ne parvenait pas à avoir un enfant (ba). Sur les conseils d'un devin-guérisseur, elle fit confectionner une figurine à l'image de l'enfant désiré et la porta sur son dos. Au bout de quelques moins elle mit au monde une petite fille. Ainsi débuta la tradition des akua ba.

Les collections de fossiles présentent des spécimens d'une magnifique précision. L'explication scientifique cède alors le pas à l'émotion esthétique.
Fossiles. Muséum d'Histoire Naturelle de La Rochelle. Photo : S. Giuliato
L'exposition temporaire qui se tenait au Muséum jusqu'au 05 octobre traitait par ailleurs de l'imagerie des dinosaures. 

Un vaste sujet s'il en est, qui retrace par un effet miroir l'évolution des connaissances en paléontologie ainsi que les modes et techniques d'interprétation.

Parmi les dessinateurs ayant apporté leur contribution à la paléontologie, citons :
  •  l'illustrateur tchèque Zdenek Burian (1905-1981), dont la multitude de travaux lui a valu d'être une référence pour les paléo-artistes. Les connaissances actuelles imposent de revoir certaines de ses illustrations mais sa contribution en matière d'illustrations préhistoriques a été essentielle.
Dessin : Zdenek Burian
Dinosaures du Crétacé inférieur. Dessin : Mazan
  • Mark Hallett, paléo-artiste américain dont les illustrations de l'environnement préhistorique ont été utilisées notamment par Disney, le National Geographic et Universal Studios.
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"La longue marche", Mark Hallett
  • Douglas Henderson, paléo-artiste américain aux réalisations également spectaculaires.
"Plésiosaure et requin", Douglas Henderson

Quittons à présent la terre des dinosaures pour faire un détour par le Musée du Nouveau Monde de La Rochelle, dont la collection du musée des peintures, gravures, dessins, sculptures, cartes anciennes et objets d'art décoratif témoignant des relations entre les Amériques et La Rochelle, qui fut l'un des principaux ports de commerce et d'émigration vers le Nouveau Monde. 

Là encore, trois images seulement pour illustrer très humblement ce musée.
Tout d'abord cette illustration de l'histiore de Chactas et d'Atala de Chateaubriand. Le peintre choisit le moment où Chactas se recueille sur la tombe d'Atala, donnant à voir le tragique de l'instant à travers le regard et les gestes de Chactas.

Détail de "L'Indien Chactas sur la tombe d'Atala", Auguste Raynaud, 1878. Musée du Nouveau Monde. Photo : S. Giuliato
Une autre tragédie, celle-ci illustrée par le peintre Antoine Tzapoff en 1988, représente métaphoriquement le destin brisée de l'Amérique dans un mélange de genres artistiques évocateur.
"La Chute de l'Amérique", Antoine Tzapoff. Huile sur toile, 1988. Musée du Nouveau Monde. Photo : S. Giuliato
Témoignage de l'activité commerçante et artisanale de la ville, voici enfin une enseigne de maître fourbisseur en bois. La 1ère édition du dictionnaire de l'Académie française (1694) nous indique qu'un fourbisseur est un "artisan qui fourbit & qui monte des espées".Ces mêmes épées que brandissent les anges de son enseigne.
Enseigne de maître fourbisseur. Musée du Nouveau Monde. Photo : S. Giuliato

Sortons un peu des musées à présent pour nous engouffrer dans la Tour Saint-Nicolas qui se dresse, avec la tour de la Chaîne et la tour de la Lanterne, sur le vieux port de La Rochelle.

Le vieux port de La Rochelle : à gauche la tour de la Chaîne, à droite la tour Saint-Nicolas. Photo : S. Giuliato
A la fois donjon urbain et demeure palatiale tournée vers l'océan, cet édifice militaire symbolise la puissance et la richesse de la ville au 14e siècle. Erigée entre 1345 et 1376, elle avait pour fonction de protéger le vieux port de La Rochelle.  

Une des salles de la tour Saint-Nicolas. Photo : S. Giuliato
 Haute de 42 mètres, son architecture s'articule autour d'un labyrinthe d'escaliers et couloirs aménagés dans l'épaisseur des murs. Et si le sens de la visite est parfaitement bien indiquée pour déambuler dans les recoins de l'édifice, en revanche c'est une gageure de circuler avec des béquilles. Mais renoncer ne fait pas partie de notre vocabulaire, et c'est avec acharnement (et j'ose avouer, mains moites) que le dernier escalier, réputé dangereux, a été dompté !

Dernier obstacle : l'escalier final. Photo : M. Miqueou
L'ouvrage est si imposant que les fondations constituées de pieux de bois plantés dans la vase n'ont pas empêché l'inclinaison qui est aujourd'hui perceptible à l'œil nu. Que cela ne vous empêche pas d'y entrer, sa visite alambiquée est très agréable et vous serez récompensé par la vue panoramique depuis son sommet.

Bien sûr, de passage à La Rochelle nous ne pouvions pas rater le Fort Boyard. Qui ne connait pas le monument militaire du 19e siècle popularisé par l'émission de France 2 ?
Dès 1666, la création de l’arsenal de Rochefort ordonnée par Colbert requière que cette zone soit protégée militairement. Fort-Boyard fut ainsi conçu pour défendre la rade de l'île d'Aix et l'arsenal royal de Rochefort.
Fort Boyard. Photo : S. Giuliato
Ainsi s'achève cette session rochelaise, sur les flots atlantiques et l'odeur enivrante des embruns...
A bientôt !

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